Atelier

INSPIRATION & TRAVAIL EN ATELIER

Donner vie à des œuvres « naturelles » m’offre une occasion unique de lâcher prise. L’émotion m’envahit; elle diffuse l’intangible dans le tangible.

 

Transportée, je nourris mes aspirations d’artiste dans un conte de fée que je construis et déconstruis au gré de mes inspirations. 

 

Figer le beau est l’occasion de rappeler la fragilité de l’instant, la difficulté de saisir la nature dans son paradoxe originel : la permanence et le changement.J’aime aussi capturer derrière mon objectif les différents états de la matière, comme l’eau qui ne cesse de changer, la neige qui fond, le bois qui sèche, la pierre qui se polie…

 

Mais s’entêter à ne vouloir figer que le beau, serait oublier que la nature détruit et se détruit. Mon travail a donc évolué. 

 

Figer le beau me paraît incomplet et naïf.

Est-ce que la nature est imparfaite ? Non, elle est impitoyable, exigeante. C’est imaginer que la montagne ne tue pas, c’est nier la peur, l’oubli et la mort. C’est ne pas accepter que neige figée, en un instant, se transforme en mouvement et que l’avalanche avale et anéantit. 

 

La merveille de la nature se trouve dans son changement. Lorsque je me promène en forêt, je vois alors que les racines des arbres, symbole de longévité, suivent le cours de leur vie et meurent. La vie avance et n’attend pas. La nature se transforme, comme nous les hommes. C’est pourquoi j’ai besoin de conserver ces états et ces émotions qui sont insaisissables. Je retrouve le besoin de maintenir l’état immobile en sculptant la matière avec des élément solides comme le bois, la pierre, le ciment et le plâtre ; Créant ainsi une marque, un souvenir émotionnel, telles les photos de nos albums d’enfance.

 

Mes sculptures sont constituées de plâtre ou ciment que je mélange à de la poudre d'albâtre ou autres minéraux. Le travail du bois suit un processus long, après avoir été traité et enlevé de ses impuretés , l’idée du mouvement apparait et une émotion nait. Elle se fige de façon permanente et c’est en cela que je raconte mon histoire. 

 

Je trouve essentiel de conserver l’état primaire et naturel des matières et de mes sculptures. C’est pourquoi chaque socle est travaillé et adapté différemment en fonction du résultat final que je souhaite donner à mon œuvre. Le socle fait partie intégrante de la pièce ; il est constitué  de matières naturelles, très souvent minérales.